« J’ai tenté de me suicider quatre fois »

« J’ai tenté de me suicider quatre fois »

Amar, 42 ans, est originaire du Népal. Il avait 10 ans lorsqu’il a contracté la lèpre. À cause de complications, il lui a fallu 6 ans pour guérir. Et la stigmatisation l’a blessé à long terme.

J’avais une enfance normale, mais les taches sur ma peau, des nodules sur mon visage et un pied insensible, changeaient tout. Les médecins locaux ne savaient pas ce que j’avais. J’ai été orienté vers l’hôpital, où le verdict est tombé : c’était la lèpre.

Bienvenu nulle part

Après 3 mois passés à l’hôpital, je suis rentré à la maison. Dans le village, la nouvelle s’était répandue : personne ne voulait me côtoyer, on ne voulait plus de moi à l’école. J’ai été obligé de partir. Une organisation népalaise de prise en charge de la lèpre m’a emmené dans un orphelinat à Katmandou.

Je me suis senti abandonné par tout le monde. À cause des complications, mon processus de guérison a duré 6 longues années. Je pleurais tout le temps, et je suis allé plus de 40 fois à l’hôpital. Ma douleur était extrême. Aussi bien physiquement que mentalement.

Le suicide comme seule solution

Lorsque j’ai enfin été guéri, mes parents ont organisé mon mariage : la lumière au bout du tunnel. Jusqu’à ce que ma femme découvre que j’avais été atteint de la lèpre. Elle a directement voulu le divorce, parce que la lèpre est une raison légale pour demander le divorce en Inde. Et je suis retombé au plus bas… J’ai tenté de me suicider quatre fois.

Quand soudain…

Soudain, la chance était à nouveau de mon côté. Grâce à l’organisation de lutte contre la lèpre, j’ai étudié à Katmandou. Une chance que je n’aurais jamais eue si j’étais resté au village. Mes études m’ont permis de devenir plus fort, et de m’aimer tel que je suis.

Puis, je suis devenu directeur d’école. Ma voix comptait. J’ai commencé à raconter mon histoire, aussi dans mon village natal. Petit à petit, la perception des villageois·e·s a changé.

Une voix forte

Aujourd’hui, je représente les personnes affectées par la lèpre au sein de différentes organisations internationales. Je suis leur porte-parole. Je suis très heureux, et c’est grâce à la lèpre. Sans la maladie, je n’aurais jamais étudié. Je serais pauvre, invisible. Mais aujourd’hui, j’utilise ma voix pour aider les autres à lutter contre la lèpre.

N’ayez crainte

La population doit savoir que la lèpre est guérissable. Il ne faut pas avoir peur de la maladie ou des personnes affectées. Aimez-nous, traitez-nous comme vous traitez les autres. Notre combat est déjà assez douloureux sans la stigmatisation.

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