Libérer les Comores de la lèpre

Libérer les Comores de la lèpre

À Mohéli, aux Comores, tout le monde connaît Boussouri. Il faut dire qu’au fil des années, il est devenu un acteur incontournable de la lutte contre la lèpre.

Volontaire dès l’âge de 12 ans

Boussouri s’investit très tôt dans la lutte contre la lèpre. Tout commence en 1978, lorsqu’il rencontre Dr Grillone, figure de proue dans le domaine. « J’avais 12 ans. Le docteur a demandé à mon instituteur de désigner un élève en charge de donner les médicaments aux patient·e·s. C'était moi. »

Très vite, il prend son rôle à cœur et devient volontaire. « Chaque trimestre, j’allais chercher les médicaments au centre de santé. Je marchais pendant une heure et demie, puis je prenais un taxi. Et je revenais. Pendant les vacances scolaires, j’effectuais les tournées avec l’équipe. »

Combattre la lèpre à sa manière

Boussouri ne compte pas s’arrêter là : il devient infirmier. « Je travaillais à Anjouan et j’allais souvent à Mohéli. » Il travaille aussi un an à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers. « Je décidais de la mise en traitement des cas pour Anjouan. »

Il revient ensuite aux Comores pour devenir chef du projet de lutte contre la lèpre à Anjouan. Il lance un projet similaire à Mohéli, sous l’impulsion de Dr Younoussa Assoumani, représentant d’Action Damien aux Comores.

Déformation professionnelle

Beaucoup vous le diront : Boussouri a une drôle de manière de serrer la main. « J’ai toujours l’œil, je regarde toujours les signes. Et je palpe toujours le nerf cubital. » Il a ainsi dépisté des personnes de la lèpre, alors qu’elles ne présentaient pas de lésions visibles.

« C’est peut-être pour me flatter, mais Dr Younoussa dit que je fais partie des gens qui connaissent le mieux la lèpre aux Comores », rigole-t-il.

Un homme infatigable

« Si des personnes ne viennent pas pour un contrôle ou pour recevoir leurs médicaments, je me rends chez elles. J’y vais souvent à moto, parfois en voiture. » Les routes sont parfois très mauvaises, mais ça ne l’arrêtera pas.

« C’est plus difficile aujourd’hui : je ne suis plus tout jeune et ma condition physique est moins bonne. » Il reste optimiste. « J’ai deux rêves. Le premier est de voir mes enfants indépendants. C’est bien parti. Le deuxième est de voir la lèpre disparaître des Comores. Si ça arrive avant ma mort, je serai très fier. »

Vous voulez réagir ou poser une question à propos de cet article?

Faites-le