Bolivie

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En savoir plus sur les projets d'Action Damien en Bolivie en 2017.

En septembre 2016, Action Damien a ouvert un bureau à Cochabamba, au centre-ouest de la Bolivie. Ce nouveau projet s’inscrit dans les programmes nationaux de contrôle de la tuberculose, de la leishmaniose et de la lèpre.

Terres de contrastes

Du haut de ses 34 mètres, le Christ de la Concorde offre un panorama imprenable sur tout le département de Cochabamba. Des vallées à perte de vue ; le paysage semble idyllique. Une ombre vient pourtant assombrir le tableau : la configuration géologique. Quelque 2 300 mètres de dénivelé entre les vallées et les Andes tropicales boliviennes, qui culminent seulement à 500 mètres. Nul doute que la région souffre d’un accès géographique restreint aux soins de santé. Mais traverser les montagnes – y compris pendant la saison des pluies – n’est malheureusement pas la seule difficulté du pays…

Des défis multiples

Tuberculose

À 2 500 mètres d’altitude, Cochabamba est la 3e ville de Bolivie. Le département de Cochabamba est aussi le 3e département le plus touché par la tuberculose dans le pays. Par an, on dénombre 1 500 personnes nouvellement affectées par la tuberculose, dont 1 % de multirésistantes. Un taux bas qui trouve une explication : le test de confirmation à la résistance est centralisé à La Paz, la capitale administrative de la Bolivie. En d’autres termes, le diagnostic de la tuberculose multirésistante prend entre 3 et 6 mois ! On devine aisément que ce long délai contribue à un taux largement sous-estimé

Leishmaniose

De plus, près de 300 personnes (enfants et adultes confondus) sont frappées par la leishmaniose chaque année. La leishmaniose est localisée dans les Andes tropicales. Pourquoi ? Deux raisons : l’accès géographique difficile et le manque de prestataires de soins qualifiés. Le véritable défi posé par la leishmaniose est le contrôle de la qualité du diagnostic.

Lèpre

La lèpre n’est plus considérée comme un problème de santé publique depuis 2000. La Bolivie a alors atteint les objectifs d’élimination de la lèpre des problèmes de santé publique fixés par l’OMS (moins d’1 cas pour 10 000 habitants). Il n’existe donc plus aucun programme de contrôle. Environ 9 nouveaux cas sont dépistés annuellement. Il est fort possible que ce chiffre soit sous-estimé. Mais qu’importe le nombre de personnes affectées : nous lutterons tant que celui-ci ne sera pas à 0.

Personnel soignant

Par ailleurs, la Bolivie connaît un problème important au niveau des ressources humaines. Le personnel médical local est très instable. Conséquence ? Les soignants manquent d’expérience et surtout, de connaissances sur ces 3 maladies.

Ressources limitées

Enfin, le manque de moyens financiers est au cœur du problème. Dans l’impasse, les programmes de santé nationaux sollicitent un complément auprès de partenaires pour combler les déficits financiers.

Notre objectif

Pour conserver les crachats qui doivent souvent parcourir de longues distances avant d’arriver au laboratoire, Action Damien a acheté des glacières spécialisées. De quoi optimiser le transport et garantir un dépistage plus fiable.

Dans un premier temps, notre objectif est d’améliorer la qualité des soins pour les personnes touchées par la tuberculose. À cette fin, nous avons mis en place plusieurs activités. Ensuite, nous lutterons également contre la leishmaniose et la lèpre.

  • 90 minutes pour dépister la tuberculose

Désormais, un malade potentiel ne doit plus attendre des jours et des jours pour être fixé sur son sort. Depuis 2010, l’OMS recommande, comme premier test de dépistage, l’utilisation d’un test moléculaire, le GeneXpert. À l’origine, il avait été mis au point en 2004 pour diagnostiquer la résistance à la rifampicine, l’un des médicaments les plus efficaces contre la tuberculose. Ce système pose un diagnostic en 90 minutes seulement, une aubaine, surtout dans ce paysage aux reliefs contrastés.

Mis en service à Cochabamba à la fin de l’année 2016, le GeneXpert est le premier outil de biologie moléculaire dont s’est doté le pays dans le système de santé publique. L’expérience servira de référence pour le déploiement de ce système dans d’autres régions boliviennes.

  • Garantir un dépistage plus fiable

En raison des contraintes géographiques, les échantillons doivent parcourir de longues distances avant d’arriver au laboratoire. Afin d’éviter que les bacilles ne soient tués durant le transport, il faut conserver les crachats au frais. Nous avons optimisé le transport au moyen de glacières supplémentaires.

  • Renforcer les capacités

Garantir une qualité de soins irréprochable : c’est ce que nous faisons par le biais de la formation. Le personnel de santé local a suivi plusieurs formations en 2017. Leur objet ? Le contrôle de la tuberculose multirésistante, avec un accent particulier sur la valeur ajoutée du GeneXpert pour le dépistage précoce de cette forme de tuberculose.

  • Fournir un soutien socio-économique

Nous aidons les malades les plus démunis (comme les enfants, mais aussi la population carcérale, et les personnes en état de malnutrition) au travers d’un support nutritionnel. Nous leur offrons donc des compléments alimentaires et couvrons les dépenses liées aux examens complémentaires et aux déplacements.

Le projet en résumé

Dépenses: 
96 867

Début du projet
2016

Objectif
Lutte contre la tuberculose, la leishmaniose et la lèpre

Personnes dépistées et soignées en 2017
Lèpre : 8
Tuberculose : 1 138
Leishmaniose : 285

Patient·e·s qui ont bénéficié du programme Care after cure
Tuberculose : 7
Leishmaniose : 6

Patient·e·s multirésistant·e·s qui ont commencé leur traitement en 2017
354

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