Mozambique

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Découvrez les activités d'Action Damien au Mozambique en 2017.

Le Mozambique se remet à peine d’un quart de siècle de guerre
et de l'épidémie de sida, aggravée par les conséquences des conflits : réfugiés, personnes déracinées, prostitution de survie, déplacements de guerre – autant de cauchemars qui font voyager le virus du sida. Ceci est encore frais dans les mémoires mais, maintenant, la paix est revenue… en général. Les mines ont été enlevées, les rancunes sont en grande partie enterrées.

Mais les gens continuent à mourir du sida

La maladie qui achève les plus faibles est souvent la tuberculose. Voici des années, MSF a commencé à travailler avec des antirétroviraux quand tout le monde disait que c’était irréaliste en Afrique. Depuis, les grands bailleurs de fonds et le gouvernement lui ont emboîté le pas, et la mortalité due au sida a bien diminué… même si elle reste trop élevée. Trop de gens ont peur de passer le test, dans une région où un adulte sur cinq est infecté.
Même les infirmiers sont trop gênés pour se faire dépister par un collègue, et cette honte peut leur être fatale. Beaucoup de gens vivent à des dizaines, voire à des centaines de kilomètres d'un centre médical qui fournit dépistage et traitement. Résultat: quand ils ne meurent pas à la maison, ils arrivent souvent trop tard au centre, une fois que la maladie est trop avancée. Et la maladie qui frappe le malade du sida est très souvent la tuberculose. Si l'infirmier n’y pense pas immédiatement et ne lance pas le diagnostic et le traitement tout de suite, il est trop tard. Le sida latent doit aussi être rapidement détecté et traité.
Le Mozambique est le seul pays d’Action Damien où près de deux tiers des malades tuberculeux ont également le sida. Il n’est donc pas étonnant que 12% décèdent pendant le traitement. Aujourd’hui, en promouvant la détection précoce et le traitement de la tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH, ainsi que la détection du VIH chez toutes les personnes atteintes de tuberculose, nous avons réussi à redescendre à 7-8%. C’est encore trop, mais c’est mieux.

Avec tous ces gros bailleurs de fonds, nous nous sommes un moment demandé si nous pouvions changer les choses là-bas avec notre petit budget et notre petite équipe. Plus maintenant. Un conseiller technique qualifié apporte bien plus qu’un million de dollars. (Docteur César)

Et la lèpre alors?

Les malades de la lèpre ne sont plus très nombreux dans la région où nous travaillons et les connaissances de la lèpre chez les infirmiers disparaissent à une vitesse hallucinante. Nous les entraînons, nous les éduquons et nous les formons, mais on pourrait croire que c’est peine perdue.
Les anciens malades, avec ou sans mutilations, sont plus nombreux que les nouveaux et ils sont nos alliés. Chiara, notre volontaire italienne, les aide à mettre en place des mini-coopératives. Ils cultivent des tomates, élèvent des poulets, prennent soin de leurs pieds, et ... nous font voir à chaque visite un ou plusieurs villageois avec des taches ou des ulcères. Ils connaissent la maladie et souvent ils tombent juste. Avec des volontaires, ils font aussi du porte-à-porte pour inciter les gens à montrer leurs taches à notre équipe. C’est de cette manière que 80% des malades ont été détectés à Sofala l’an dernier.

Le projet en résumé

Dépenses: 
201 446

Début du projet
2004

Objectif
Lutte contre la tuberculose et la lèpre

Personnes dépistées et soignées en 2017
Tuberculose : 17 455
Lèpre : 88

Patient·e·s qui ont bénéficié du programme Care after cure
Tuberculose : 149
Lèpre : 58

Traitements contre la tuberculose multirésistante démarrés en 2017
96

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