Sénégal

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Action Damien soutient les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose et la lèpre au Sénégal. Un projet démarré dans le pays en 2017. Un pays à haute incidence de tuberculose, qui voit aussi l’incidence de lèpre augmenter depuis 2012…

Découvrez les activités d'Action Damien au Sénégal en 2017.

Sénégal, terre de « téranga »

La première image qui nous vient à l’esprit quand on parle du Sénégal, c’est le baobab millénaire, symbole du pays. Mais aussi les plages de Saly, le haut lieu du tourisme en Afrique de l’Ouest. C’est que le Sénégal est un pays stable, c’est vrai. On en oublierait presque que parmi ses 15,4 millions d’habitants, près de 40 % vivent encore sous le seuil de pauvreté en 2016. C’est beaucoup, surtout lorsque l’on sait que le budget du gouvernement alloué à la santé n’est que de 8 %. Encore loin de l’objectif de 15 %.

État des lieux

Parmi les 14 régions que compte le Sénégal, c’est à Dakar, Diourbel, Kaolack et Thiès que nous avons identifié les besoins les plus urgents. En 2016, rien que Dakar et Thiès totalisent, à elles seules, 60 % des personnes affectées par la tuberculose multirésistante (MDR). Contre 48 % en 2014. C’est aussi dans ces deux dernières régions que l’on dépiste le plus de patients atteints de la tuberculose sensible (quelque 6 000 personnes par an).

Le Sénégal est un pays à haute incidence de tuberculose : 140 cas estimés pour 100 000 personnes. Autrement dit, d’après les estimations de l’OMS, le Sénégal compterait près de 20 000 personnes atteintes de la tuberculose. Avant notre intervention, le pays dépistait 66 % des cas estimés. Un taux respectable, mais que nous entendons bien améliorer.

En ce qui concerne la lèpre, le pays éprouve des difficultés à assurer une prise en charge de qualité : en 2014, seuls 59 % des personnes multibacillaires (contagieuses) sont venues à bout de leur traitement. Un chiffre inquiétant, alors qu’un suivi régulier assure la guérison des patients et prévient les infirmités à vie. Sur 332 personnes nouvellement affectées, 10 % sont des enfants, ce qui indique une transmission active.

Nos objectifs au Sénégal

Au Sénégal, nous visons l’amélioration de l’accessibilité aux soins de qualité pour toute la population. Pour y arriver, deux grandes stratégies : un dépistage précoce plus efficace et une meilleure prise en charge des patients.

  • Favoriser le dépistage précoce

C’est l’objectif de tous les projets d’Action Damien : dépister la malade à ses débuts. Pour y arriver, il faut avant tout former le personnel soignant, tant pour la lèpre (examen clinique et neurologique) que la tuberculose (reconnaître les symptômes, former des laborantins).

Dans le cas de la tuberculose, nous encourageons le transport des expectorations de patients présumés multirésistants vers le laboratoire. Ces échantillons sont ensuite analysés avec le GeneXpert, un appareil qui détecte la multirésistance en 2 heures, contre 6 à 8 semaines en microbiologie classique.

Dans le cas de la lèpre, nous encourageons le dépistage actif parmi les proches des personnes nouvellement atteintes. Ceci afin de dépister précocement la maladie et donner une chimioprophylaxie aux personnes qui ne présentent pas de symptômes. Pour empêcher le développement de la lèpre.

  • Améliorer la prise en charge

Dans notre zone d’intervention, nous assurons une meilleure prise en charge des personnes affectées par la lèpre et la tuberculose sensible ou multirésistante. Ici encore, la clé est la formation du personnel médical. Infirmiers et superviseurs sont formés au counselling et dépistage volontaire du VIH. Nous veillons aussi à effectuer des supervisions formatives rapprochées. Et nous renforçons le système de pharmacovigilance et système de suivi et évaluation.

Pour la tuberculose multirésistante, nous continuons l’extension du traitement en 9 mois dans tout le pays.

  • Former des dépositaires de médicaments

Quelque 76 dépositaires de districts sanitaires ont été formés à la gestion des stocks de médicaments antituberculeux. Pourquoi ? Car cela va de pair avec une meilleure prise en charge. Inutile de diagnostiquer ces maladies si les médicaments pour les traiter ne sont pas de bonne qualité. Ou si les consommables de laboratoires ne sont pas disponibles dans les établissements de soins…

  • Changer les mentalités

Il s’agit là d’un objectif ambitieux, mais nécessaire. Aujourd’hui encore, les personnes atteintes de lèpre et de tuberculose sont victimes de discrimination. Pour pallier ce problème, nous encourageons la mobilisation sociale autour de la lèpre. En collaborant avec les partenaires de l’ILEP, pour soutenir les associations de personnes touchées par la lèpre et améliorer leurs conditions de vie.
En décembre 2017, nous avons mené une campagne de sensibilisation à la tuberculose par le biais de spots sur des radios communautaires.

  • Mener des études de recherche opérationnelle

Initier des projets de recherche opérationnelle sur la lèpre et la tuberculose est essentiel. Surtout si nous entendons perfectionner la prise en charge de ces maladies. Avec l’aide de la technologie numérique, notamment. Nous avons un projet d’étude sur l’efficacité d’une application mobile pour faciliter le dépistage actif et la recherche de proches de personnes nouvellement affectées par la lèpre. Cette évaluation aura lieu dans le village de reclassement social de Peycouck (région de Thiès). Les proches de patients se verront administrer une chimioprophylaxie à la rifampicine pour mettre fin à la transmission de la lèpre.

Trois types d’appui

Pour parvenir à nos objectifs au Sénégal, nous apportons 3 types d’appui.

  • Technique

o Organisation et participation aux formations et supervisions formatives
o Conseils et appui techniques aux programmes nationaux
o Participation à la rédaction de protocoles, outils, rapports épidémiologiques et guides techniques
o Identification et mise en œuvre d’études de recherche opérationnelle

  • Financier

o Remboursement des frais de transport afin que les personnes affectées par la tuberculose multirésistante (MDR) ou la lèpre puissent suivre leur traitement
o Remboursement des frais d’hospitalisation
o Mise en place de moyens pour rechercher des patients « perdus de vue »
o Intervention dans les frais de formation et supervision
o Aide sociale aux patients et associations les plus démunis
o Soutien au fonctionnement des programmes nationaux

  • Logistique

o Achat de médicaments spécifiques pour les complications dues à la lèpre
o Achat de médicaments contre la tuberculose multirésistante (MDR)

Solides partenariats

Au Sénégal, pour la lèpre, nous travaillons en synergie avec les partenaires de l’ILEP (la Fédération internationale des organisations anti-lèpre). Notamment avec la DAHW (l’association allemande de lutte contre la lèpre et la tuberculose), la Fondation Raoul Follereau et l’Ordre de Malte.
Dans quels buts ? Ensemble, nous intervenons en renfort au niveau de projets socio-économiques et techniques. Et nous collaborons aussi à la prévention des incapacités et à la décentralisation de la prise en charge de la chirurgie lépreuse dans tout le Sénégal.

Pour la tuberculose, nous travaillons avec nos partenaires de l’Union, l’Institut de Médecine tropicale d’Anvers et le réseau WARN-TB (West African Regional Network for Tuberculosis).

Le projet en résumé

Début du projet
2017

Objectif
Lutte contre la tuberculose et la lèpre

Personnes dépistées et soignées en 2017
Actuellement, nous ne disposons pas encore des chiffres officiels car notre projet a démarré à l'été 2017.

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