Qu'est-ce que la lèpre ?

Qu'est-ce que la lèpre ?

La lèpre est provoquée par un bacille qui se multiplie très lentement. Elle frappe donc de manière aussi soudaine qu’impitoyable. Insidieuse, guérissable, destructrice et endiguée : voici l’essentiel de ce que vous devez savoir sur la lèpre.

Une maladie insidieuse...

Période d’incubation : 5 ans en moyenne

1873. Le médecin norvégien Armauer Hansen découvre une bactérie bien sournoise. C’est que le « bacille de Hansen » se dédouble une fois par semaine. Une latence qui dévoile une période d’incubation exceptionnellement longue, en moyenne 5 ans, jusqu’à 20 ans.

... mais guérissable

Traitement : 6 à 12 mois

Action Damien vient en aide aux personnes touchées à différents niveaux :

  • Dépistage actif

Un dépistage actif prévient les mutilations. Nous l’effectuons dans les zones endémiques, de village en village, et dans l’entourage d’une personne nouvellement dépistée. Nous examinons les taches insensibles des personnes potentiellement touchées et étudions des échantillons de peau au microscope. La lèpre est traquée là où elle fait des ravages. Enfin, nous jouons un véritable rôle d’éducation sanitaire. Les populations locales sont ainsi en mesure de reconnaître les symptômes de la maladie.

  • Traitement

Les personnes affectées par la lèpre reçoivent un cocktail de médicaments : la polychimiothérapie.
Selon la forme de lèpre dont ils souffrent (paucibacillaire ou multibacillaire en fonction du nombre de bacilles), le traitement dure de 6 à 12 mois.

  • Revalidation

Si le bacille de la lèpre s’est déjà attaqué au système nerveux, les conséquences de la maladie sont irréversibles. La perte de sensibilité et/ou la paralysie des extrémités (mains, pieds, paupières) sont permanentes et les plaies peuvent rapidement suppurer et s’infecter.

Dans ce cas, nous veillons à la revalidation de ces personnes via :
- le traitement des plaies
- la physiothérapie
- des interventions chirurgicales
- voire l’amputation avec application de prothèses, le cas échéant.

  • Réinsertion sociale

Chez Action Damien, nous attachons une grande importance à l’humain derrière le patient. La plupart des personnes touchées par la lèpre sont au ban de la société. Nous tentons par tous les moyens de prévenir cette exclusion et de veiller à leur réinsertion rapide.

Des conséquences destructrices

Le bacille de la lèpre se niche principalement dans les parties les plus froides du corps. Généralement sous la peau, dans les muqueuses du nez, de la bouche et de la gorge et dans les nerfs périphériques. C’est là qu’il commence sa tâche destructrice, en témoignent ses conséquences…

  • Mutilations

Un patient insensible aux extrémités perd les réflexes automatiques qui le protègent de la chaleur ou de la douleur. Il se blesse ou se brûle, sans même s’en rendre compte. Les blessures finissent par s’infecter et suppurer. L’amputation est parfois la seule issue pour enrayer des infections très graves.

  • Paralysies

La maladie attaque souvent le système moteur. En résultent des paralysies, qui conduisent à un raidissement des articulations, comme la griffe cubitale (ce que l’on appelle « main en griffe »).

  • Cécité

Dans une phase ultérieure de la maladie, la personne affectée peut perdre le réflexe de clignement. Impossible pour lui de fermer les yeux. Résultat ? L’œil se dessèche, ce qui mène à la cécité. Le patient peut également perdre la sensibilité de la cornée. Il ne ressent plus les poussières et impuretés qui se logent dans ses yeux. La lèpre est l’une des plus grandes causes de cécité dans les pays en développement.

  • Malformations

Des taches dépigmentées ou des nodules se forment dans les parties du corps où se développent un grand nombre de bacilles.

  • Exclusion sociale

Outre les conséquences physiques, la lèpre a aussi des conséquences morales. Les personnes malades sont exclues et confinées. Ou doivent même subir les pires humiliations. Aux yeux de son entourage, une personne touchée par la lèpre n’a pas une maladie ordinaire. Les proches l’évitent, la rejettent même. Parce que la maladie l’enlaidit. Parce que la lèpre est encore souvent considérée comme une punition infligée par une puissance supérieure.

Un peu d’histoire. En Europe, jusqu’à il n’y a pas si longtemps que ça (dans les années 1940), les personnes qui souffraient de la lèpre étaient « jugés morts » par la loi et devaient se mettre au ban de la société. Depuis, la lèpre a disparu de nos contrées. Mais quelle serait notre réaction si nous savions que notre voisin était atteint de la lèpre ?

Un fléau endigué

La lèpre témoigne d’un recul spectaculaire. Notre plan d’action est donc efficace. Le nombre de pays où la lèpre est toujours considérée comme un problème prioritaire de santé publique est tombé de 122 à 22 (et même à 9 selon l’OMS, qui exclut les petits pays comptant au total moins de 1 000 personnes malades).

Ces 50 dernières années, des actions à grande échelle ont été menées pour dépister et soigner les personnes affectées par la lèpre. L’année 1981 ouvre une percée significative dans le traitement de la lèpre. Les patients se voient désormais administrer un cocktail de médicaments différents. Ce type de traitement, la polychimiothérapie, permet de réduire l'incidence et le taux de contamination. Ces 20 dernières années, plus de 16 millions de personnes ont été traitées et guéris grâce à cette thérapie.

Un combat international
Action Damien et les autres organisations engagées dans la lutte contre la lèpre généralisent assez rapidement l’utilisation de ce traitement. Résultat ? Le nombre de nouveaux cas de lèpre chute de manière significative en peu de temps. Cela ne serait pas possible sans la coopération entre les différentes organisations. Celles-ci coordonnent leurs activités dans le cadre d’une fédération internationale, l’ILEP (créée à l’initiative d’Action Damien), en concertation avec l’OMS et les ministères de la Santé des pays où se situent leurs projets.

Toutefois, la vigilance s’impose. La lèpre frappe entre 200 000 et 220 000 personnes chaque année dans le monde, soit une personne toutes les 2 à 3 minutes. Et de très nombreuses personnes passent entre les mailles du filet, comme tous les pays ne font pas de déclaration à l’OMS…
Par ailleurs, pensons aux deux à trois millions de personnes guéries, mais mutilées à vie. Ceux-là nécessitent un suivi et bien souvent, une rééducation et des opérations chirurgicales. C’est dire si notre action est encore nécessaire au XXIe siècle…

Multibacillaire vs. paucibacillaire

Dans le monde, 60 % des personnes affectées par la lèpre souffrent de la forme multibacillaire. Les autres sont donc touchés par la forme paucibacillaire. Mais qu'est-ce que cela signifie au juste ?

  • Multibacillaire signifie que le corps présente un grand nombre de bacilles. Pour la diagnostiquer, il faut que la personne affectée présente 5 taches ou plus sur la peau. La lèpre multibacillaire est contagieuse.

  • Paucibacillaire signifie donc le contraire : un petit nombre de bacilles et moins de taches sur la peau. Cette forme n'est que très peu contagieuse.

Main en griffe, pied tombant

Quand on entend parler des conséquences de la lèpre, on entend souvent parler de main en griffe ou de pied tombant. Vous ne savez pas ce que cela signifie ? Lisez notre explication !

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